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État d'urgence, les syndicats bâillonnés ?

Ce mercredi 2 décembre 2015, quatre organisations, réunies en intersyndicale, ont alerté la presse de Haute-Loire pour défendre les libertés syndicales dans le cadre de l'état d'urgence.

Le communiqué de la CGT, FO et FSU :

Les organisations syndicales tiennent à témoigner leur soutien et leur solidarité à l’ensemble des familles touchées par la tragédie du vendredi 13 novembre. Elles saluent à nouveau la mobilisation extraordinaire de l’ensemble des agents des services et entreprises publics.

Les attentats qui ont touché la France, frappent les populations partout dans le monde. La guerre ne règle rien, bien au contraire. Les lieux de tensions et conflits se multiplient avec leurs cortèges de morts, de destruction, de désolation et de haine. Comme le disait Jaurès « Le capitalisme porte la guerre, comme la nuée dormante porte l’orage ». Si la sécurité des citoyens est une nécessité, celle-ci ne peut être le prétexte à une restriction des libertés individuelles, notamment les droits de grève et de manifestations. Nul ne doit être poursuivi et arrêté pour avoir exercer ses droits fondamentaux.

Plus que jamais le respect des principes de la République : la liberté, l’égalité, la fraternité, et la laïcité s’impose. Ceci implique la garantie pour tous des droits d’accès à la culture, à l’enseignement, à la santé et à l’emploi. Nous refusons que les salariés et la population française, à travers des modifications de la constitution, soient placés de fait en état d’urgence permanent. Nous refusons également que l’action syndicale revendicative et le mouvement social soient muselés, d’autres rassemblements sont bien autorisés (marché de Noël, sport, concert,..)

Des milliers de salarié-e-s sont menacé-e-s de perdre leur emploi. La violence patronale, avec une complaisance gouvernementale, suscite colère et indignation qui se traduisent par des actions collectives mobilisant les salarié-e-s. C’est dans ce contexte que les provocations patronales se multiplient afin de stigmatiser l’action syndicale ! Ainsi, 5 salarié-e-s d’Air France sont trainé-e-s devant le Tribunal de Bobigny le 2 décembre pour avoir manifesté leur refus de perdre leur emploi ! C’est inacceptable ! Nous exigeons leur relaxe immédiate !

L’action continue, plus que jamais pour nos revendications, comme nous l’avons fait le 9 avril et le 8 octobre dernier contre le pacte de responsabilité, les lois Macron et Rebsamen, et pour l’emploi, les salaires, les retraites, les services publics et la protection sociale.

Non au 49-3 permanent ! Pas plus qu'il n'y a de trêve dans les attaques contre le monde du travail, il n'y aura de trêve dans l'action syndicale pour le progrès social. Si le gouvernement remet en cause les garanties essentielles du Code du Travail, comme le lui demandent les rapports Combrexelle et Barthélémy, cela renforcera la nécessité de la riposte interprofessionnelle. Pour la défense des libertés syndicales.

Le communiqué de Solidaires :

Etat d’urgence, état policier : Libération immédiate de tous les manifestant-e-s.

Préparée depuis plusieurs mois, la journée du 29 novembre devait être l’occasion pour les associations, les organisations syndicales et l’ensemble de la population de se mobiliser pour le climat et la justice sociale. Après les attentats du 13 novembre, le gouvernement a décidé d’interdire l’ensemble des manifestations sur le territoire français... alors qu’il autorisait l’ensemble des marchés de Noël et des manifestations sportives. Il imposait la prolongation de l'Etat d'urgence.

Plusieurs mobilisations ont néanmoins eu lieu, où l’Union syndicale Solidaires était présente, notamment à Paris, mais aussi le 22 pour la défense des migrant-es. Dans le même temps, le gouvernement a assigné à résidence des militant- es pour la justice climatique et convoqué 58 personnes ayant manifesté pour les réfugié-es.

Dimanche, des milliers de manifestant-e-s se sont retrouvé-es place de la République pour dénoncer la COP 21 et revendiquer le droit de s’exprimer dans le pays en manifestant de manière pacifique. Alors qu’ils manifestaient sans violence, la police les a encerclés. Le but était clairement de déclencher une réaction pour justifier une action policière disproportionnée. Alors que tout se passait dans le calme, les forces (soi-disant) de l’ordre ont chargé la manifestation et ont lancé des lacrymogènes sur la foule. Ils ont procédé à l’arrestation violente de plusieurs centaines de manifestant-es dont des militant-es des syndicats de notre Union syndicale Solidaires (Sud Rail, Sud PTT, Sud Education, Solidaires Etudiant-es) qui exerçaient leur droit à revendiquer pour la justice climatique.

L’Union Syndicale Solidaires 43 condamne fermement l’attitude gouvernementale, et rappelle que les organisations syndicales et associations sont légitimes à organiser des manifestations dans les rues pour permettre à chacun-e d’y exprimer ses revendications. Plus de 317 manifestant-e-s ont été interpellés et 174 placé-es en garde à vue, de façon totalement arbitraire !

L'Union Syndicale Solidaires 43 dénonce aussi la manipulation menée par le gouvernement visant à faire passer les manifestant-e-s pour de dangereux-ses voyous avec comme objectif de renforcer les lois et les pratiques liberticides. Ce ne sont pas ces atteintes aux libertés et à la démocratie qui permettront de lutter contre le terrorisme, en revanche elles sont bien utilisées pour écraser toutes formes de contestations quelles soient sociales ou climatiques. Elles ne font que renforcer des mesures et des politiques de plus en plus répressives et sécuritaires, comme le montre l'attaque contre les 5 salariés d'Air France qui passent devant le tribunal de Bobigny aujourd'hui et auxquels nous apportons notre plus ferme soutien.

L’Union syndicale Solidaires 43 réaffirme sa demande de pouvoir manifester librement, et revendique la fin de l’état d'urgence. L'Union Syndicale Solidaires 43 demande la relaxe de l’ensemble des manifestant-e-s arrête-es suite à l’exercice de leur droit à manifester et de l’ensemble des assigné-es à résidence suite à leur engagement contre la COP 21.

L'Union syndicale Solidaires demande la relaxe des 5 salarié-es d'Air France et leur réintégration sans aucune sanction.

L’Union syndicale Solidaires 43 appelle l’ensemble des forces du mouvement social à se mobiliser et à se retrouver nombreux et nombreuses dans la rue, dans les régions, pour défendre tous-toutes les inculpé-es. Nous appelons à poursuivre les mobilisations pour défendre nos droits, nos libertés et pour une justice climatique.

Tag(s) : #Actualité sociale

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