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Grèce : Après le scrutin du 20 septembre ?

La situation politique en Grèce, vient-elle de s’éclairer suite à la reconduction d’Alexis TSIPRAS à la tête du pays ? Rien de bien évident pour le moment au lendemain d’une élection au caractère précipité.

Au niveau résultat de vote, il apparait assez nettement que la victoire du parti SYRIZA coupe l’herbe sous les pieds de la NOUVELLE DEMOMOCRATIE (réorganisation de la droite classique) qui pensait être la mieux placée par rapport aux exigences des maitres de l’Europe financière, des dirigeants Allemands d’abord. Je ne suis pas de ceux qui se plaindront de voir les principaux partis responsables de la descente aux enfers du peuple grec se prendre une nouvelle gifle.

Pour autant, tout laisse à penser que depuis la séquence manifestement dictatoriale des négociations pour le fameux accord sur le Mémorandum, il y avait pour les dirigeants sociaux libéraux aux manettes des politiques de l’ultra libéralisme, à l’occasion de ce scrutin, deux fers au feu, comme on dit. Deux possibilités aux discours de sensibilité sociale différents, mais permettant de faire appliquer le contenu du dit Mémorandum. D’un côté une volonté de s’appuyer sur la droite grecque et ses alliés socialistes et cela tendait à confirmer au mieux le coup d’état de type financier et bancaire qui a conduit à la déroute, sociale économique et humanitaire du pays. De l’autre, la possibilité d’utiliser l’engagement pour le Mémorandum accepté par l’équipe en place resserrée autour d’A.TSIPRAS. Cette équipe bien obligé de mettre en œuvre ce qui a été signé en juillet contre l’opinion de son aile gauche, certain de ses ministres et la présidente du parlement !

Dans de telles conditions la campagne électorale, voulue courte et essentiellement axée sur l’aura du jeune et talentueux premier ministre n’a pas permis de faire prendre en compte les alternatives possibles aux décisions de la troïka contenues dans l’accord de juillet tout à la fois infâme et mortifère pour le peuple. L’appel au vote utile face à la droite a fait le reste…Et l’on comprend alors que certains s’empressaient dès le soir du vote, de se féliciter que la solution SYRIZA ai gagné ! Expressif en ce sens était en ce lundi 21 septembre le titre des premieres pages de quotidiens qui à l’exemple de LA MONTAGNE annonçait : « Alexis TSIPRAS réélu pour gérer l’austérité ! ». Rien de moins rien de plus à usage suggestif de notre « bon peuple »de France !

Alors victoire à la Pyrrhus ou pas l’avenir proche le dira. En tous cas la réalité du scrutin de dimanche dernier montre déjà en quoi et sur quoi s’interroger sérieusement. Certes le premier ministre sortant a obtenu le bon score de 35%, légèrement inférieur à janvier dernier, rejetant derrière lui la droite avec ses 28% légèrement supérieurs pour elle. Et plus loin encore les socialistes à 6%, Aube Dorée à 7%, en léger progrès également. Mais, en regard des 45% d’abstentionnistes alors que le vote est obligatoire il faut nuancer les résultats et ce que cela représente dans le rapport de force politique en GRECE. Savoir que les abstentionnistes se trouvent être des jeunes, des chômeurs et leur famille vivant dans la gêne, ayant abondamment participé au score( les 61,3 %) du référendum anti austérité du 6 juillet, n’est pas lemoindre des aspects de la situation. C’est d’ailleurs là que le nouveau parti de l’Unité Populaire ( 2,85%) a des forces à gagner de manière à concrétiser sa démarche de résistance aux politiques d’austérité d’où qu’elles viennent.

Il n’est pas exagéré de penser que l’avenir de la Grèce dans un tel contexte de contraintes n’est pas sur des rails très solides sachant que la feuille de route du nouveau pouvoir est concrètement annoncée par les décisions établies et signées depuis juillet. A ce propos, quand on voit le Président HOLLANDE se précipiter auprès de A.TSIPRAS sans aucune retenue, avant même que soit connus les résultats définitifs et lui proposer de jouer en sa faveur un rôle de mentor au sein de l’Europe, on ne peut que craindre par là que de nouvelles embrouilles, souhaitant même que le nouveau SYRIZA sache se garder de ce genre de sollicitation. Le PASOK au très bas n’a pas besoin de relève, l’histoire a tranché !

Que reste-t-il donc à ceux qui en Grèce comme ailleurs ne se satisfont pas de « l’ordolibéralisme » impulsé à la hache dans l’ensemble européen. Rien d’autre que la recherche d’un rassemblement clair sur des solutions anti-austéritaires fermement avancées qui répondent à la brutalité des politiques européennes et tournent le dos à la crise imposée par la finance internationale. Déjà la piste d’une rencontre internationale pour aborder les possibilités d’une alternative aux contraintes des politiques européennes en matière monétaire et financière est proposée et s’organise. Le plan B comme d’aucuns l’appellent déjà frappe à la porte des forces sociales et radicales…

Paul Crespin.

Tag(s) : #Grèce

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