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Le rail a-t-il un avenir sur Montluçon ?

C'est samedi 7 mars que les membres du CODERAIL de Montluçon se réunissaient en assemblée générale, dans la grande salle des cheminots, Rue Chantoiseau. Plusieurs personnalités politiques étaient présentes dans la salle. Les reprentants du Front de Gauche du bassin Montluçon/Commentry et même de la Région étaient largement représentés. Ainsi, pouvez-t-on reconnaitre dans l'assistance, Luc Bourduge (Front de gauche), et vice-président du Conseil Régional, Josette Simonet, candidate Front de gauche sur le 3em canton de Montluçon, Sylvain Bourdier, élu de l'opposition à la municipalité de Commentry et candidat Front de gauche sur le canton Commenry/Montmarault, Geneviève de Gouvéia, ancienne élue à la Mairie de Montluçon et candidate Front de gauche sur le 2em canton de Montluçon et enfin, Clément Mothet, candidat Front de Gauche sur le 1er canton de Montluçon.  Marie-Claude Léguillon, du Parti Radical de Gauche, élue au Conseil Régional et Nicolas Brien, Parti Socialiste, élu d'opposition au Conseil municipal de Montluçon étaient également présents

Les membres de l'association se sont dit persuadés que le rail a un avenir à Montluçon, et ce, malgré la situation dramatique actuelle. Cependant, ils reconnaissent que ce mode de transport, qui correspond à une forte demande des populations n'a pas actuellement le niveau de qualité requise. La situation est donc très inquiétante à leurs yeux.

"Nous sommes dans un contexte particulier" soulignent-ils et ils pointent la réforme ferroviaire en cours, la campagne électorale, la mise en place de la loi Macron, les projets LGV risquant d'assécher notre desserte (Limoges-Poitiers), la transition énergétique mise à mal par le recul sur l'écotaxe qui était censée fournir des ressources pour le ferroviaire. Cependant, tout le monde sait que le rail est un moyen de transport moins polluant que la route. Et pourtant...

La liaison Bordeaux-Montluçon-Lyon ne circule plus depuis 3 ans à cause de travaux maintenant terminés. On a annoncé du matériel neuf bi-mode (électrique + diesel) censé faire gagner une demi-heure sur la liaison nationale avec Paris, mais on nous annonce par ailleurs le passage en régional de la ligne Vierzon-Montluçon qui risquerait de limiter ce matériel à Paris-Vierzon (donc une correspondance à Vierzon). Nous sommes dans un climat de totale incertitude.

Des collectivités étaient présentes ou représentées et après que le président Christian PENAIN ait fait le bilan d'une année d'activité du CODERAIL, les nombreuses interventions ont à la fois rappelé le constat alarmant de la situation du bassin de Montluçon et émis les propositions qui leur paraissent de nature à inverser la tendance.

De gauche à droite, Régis André, Président d'honneur du Coderail, Daniel Coffin, secrétaire et Christian Penain, Président du Coderail.

De gauche à droite, Régis André, Président d'honneur du Coderail, Daniel Coffin, secrétaire et Christian Penain, Président du Coderail.

Le dossier TGV centre France expliqué par Daniel Conffin

Le rail a-t-il un avenir sur Montluçon ?

Voici le compte rendu de l'assemblée générale du CODERAIL du 9 mars 2015 : rédigé par le secrétaire de séance, Claude Lemoine (le texte a ensuite été soumis et validé par les différents intervenants).

CODÉRAIL Assemblée Générale du 7 mars 2015

Daniel COFFIN ouvre la séance en remerciant l'assistance d'avoir répondu à l'invitation.

Pour mener les débats, Christian PENAIN, président du CODÉRAIL, Régis ANDRÉ, président d'honneur, Jean-Louis DAFFY, trésorier de notre association et Daniel COFFIN secrétaire.

Puis il présente les excuses de Bernard LESTERLIN, député représenté par M. BRIEN, MM. MALBET, POZZOLI, NOUHANT, SANVOISIN représenté par M. BERNARD, BEAUNE, et AUCLAIR.

INTERVENTION du Président Christian PENAIN :

Bonjour Mesdames et Messieurs les usagers du train, Messieurs les représentants d’association, Messieurs les élus, maires ou leurs représentants, Monsieur le Vice-Président du Conseil Régional Luc BOURDUGE, Monsieur Nicolas BRIEN suppléant du député, Monsieur Jean-Jacques Kégelart, vice-Président en charge de l'économie, de l'aménagement du territoire et de la prospective à l'Agglomération montlçonnaise et conseiller municipal de Montluçon.

Le train est le moyen de locomotion le plus pertinent à l’heure d’une pollution mondiale entraînant un réchauffement climatique avéré, consécutif aux activités de l’homme. Tout le monde est bien d’accord avec ce constat mais dans la pratique peu de choses sont faites pour pérenniser ce moyen de transport propre et sûr, et pour le développer encore moins. Ah ! Si, j’oubliais : le lobby TGV où nos politiques s’engouffrent vu l’impact médiatique. Mais voilà notre région, le MASSIF CENTRAL, lui, le TGV connaît pas et d’ailleurs à quoi cela servirait-il de traverser la région à 300 km/heure ? n’est-il pas simplement plus urgent de maintenir l’existant, au lieu de le supprimer ou de le substituer par un bus, en le modernisant pour, d’une part avoir un moyen de transport, digne, sécurisant et d’autre part maintenir les populations sur leurs territoires et çà c’est l’aménagement du territoire ; de même je pourrais poursuivre sur le transport FRET qui devait prendre un nouvel élan suite à son ouverture au secteur privé. Bilan : en 10 ans la part de marché est passée de 15 % à 6 % au profit des camions usant nos routes, avec un risque accru d’accidents (voyez bien ici nos réticences à l’ouverture au privé du secteur voyageur). Ceci étant dit, le CODÉRAIL a durant cette année 2014 multiplié ses interventions pour essayer d’améliorer la situation ferroviaire sur le bassin de MONTLUÇON.

Ainsi en début d’année nous avons envoyé aux candidats aux municipales de mars 2014 une lettre ouverte du CODÉRAIL pour les sensibiliser sur la situation alarmante du rail à Montluçon. Une distribution aux usagers a aussi été faite. Le 29 avril 2014 nous avons participé à un comité de lignes à Montluçon où étaient présents la SNCF, la région et RFF ; nous avons exprimé notre sentiment sur le caractère sinistré du ferroviaire et sur l’arrêt de la relation BORDEAUX -LYON depuis 2 ans (et aujourd'hui 3 ans) et quel matériel roulant sera utilisé à la réouverture ? Nous avons demandé aussi une réactivation des comités de pilotage sur USSEL-MONTLUÇON-PARIS et sur BORDEAUX-LYON ; de même lors de cette réunion, la suppression des guichets à COMMENTRY a été évoquée ; d'autres interventions ont souligné l’intérêt de ne pas fermer ces guichets notamment celle de Madame Mireille SCHURCH sénatrice et celle du maire de Commentry, Monsieur Claude RIBOULET ; au cours de cette réunion le CODÉRAIL a distribué à tous les participants une motion contre cette fermeture.

Nous avons écrit au préfet de la Région Auvergne pour réclamer un comité de pilotage sur USSEL-MONTLUÇON-PARIS et sur Bordeaux-Montluçon-Lyon.

Nous avons aussi demandé que le train de 14 h CLERMONT- GANNAT soit prolongé jusqu'à Montluçon.

Début 2014, au cours de nos réunions de bureau, qui ont lieu tous les 2 mois, nous avons pris conscience de la précarité de notre association si nous n’avons pas un minimum de trésorerie pour mener à bien nos actions ; nous avons donc sollicité par courrier toute les communes environnantes afin de faire adhérer ces communes au CODÉRAIL. Un certain nombre de réponses nous est parvenu mais beaucoup n’ont pas répondu ; pourtant nous estimons qu’il est de l’intérêt de tous d’avoir un bon fonctionnement de ce service public, utile à tous, et que nos actions sont nécessaires.

En septembre nous avons rencontré Monsieur le Président de la Communauté de d'Agglomération Montluçonnaise et nous lui avons exposé toutes les difficultés du rail à Montluçon, les relations Bordeaux-Lyon, Montluçon-Paris, la gare, etc... Il nous a assuré être conscient des problèmes, qu’il suivait l’évolution des dossiers et qu’il nous tiendrait au courant. Nous attendons...

Le 9 octobre 2014 nous écrivions à Ségolène Royal, Ministre de l’Écologie, du Développement Durable et de l’Énergie en situant bien l’agglomération de Montluçon (75000 habitants) pour lui indiquer qu'en plein débat du Grenelle 1, la suspension des trains entre LAPEYROUSE et VOLVIC, tronçon du second itinéraire pour aller de MONTLUÇON à CLERMONT-FERRAND, ainsi qu’entre MONTLUÇON et EYGURANDE, tronçon de la ligne nationale LE MONT-DORE -USSEL -PARIS et la relation BORDEAUX-LIMOGES-MONTLUÇON-LYON, passée de 3 relations quotidiennes à 1 seule, (laquelle ne fonctionne plus de bout en bout depuis plus de 2 ans). Nous lui avons fait part de notre souhait qu’un Comité de Pilotage soit activé pour, Montluçon-Paris et pour Bordeaux-Lyon. Nous avons aussi évoqué le fret SNCF qui est délaissé au profit de transports moins vertueux (camions).

Le 13 octobre nous avons assisté au comité de ligne CLERMONT-RIOM-GANNAT à RIOM. Cette réunion nous intéressait au sujet de la relation BORDEAUX-LYON et le prolongement du train CLERMONT-GANNAT de 14h vers Montluçon.

Le samedi 29 novembre, le CODÉRAIL participait à l’ Assemblée Générale de CONVERGENCE NATIONALE RAIL (CNR), association nationale d’usagers à laquelle nous sommes affiliés et où nous avons exposé les problèmes sur les 2 axes principaux BORDEAUX-Lyon et Montluçon-Paris. Nous avons pu entendre que malheureusement beaucoup de régions souffraient elles aussi de suppressions de lignes et de trains, de dysfonctionnements récurrents suite à des travaux ou de défaillance de matériels roulants, et autres. Le Service Public est bien mis à mal. D’ailleurs la CNR participera à la manifestation nationale des 13 et 14 juin 2015 sur ce sujet. La CNR a déposé un dossier afin d’être référent au ministère des Transports ; à cette même occasion nous avons fait un résumé de l’état des lieux de la région de MONTLUÇON que la CNR a présenté à ce ministère.

Lors de notre réunion de bureau du 4 décembre nous avons appris la création de la « Commission Avenir TET » où siège Luc BOURDUGE, vice-président chargé des transports de la Région AUVERGNE et nous avons jugé utile de le rencontrer rapidement. Ce qui fut fait le 6 janvier 2015. Il nous a détaillé le fonctionnement de cette commission qui est présidée par Philippe DURON, député PS du Calvados. L’ Auvergne a 7 lignes TET sur les 35 de la France et pour notre secteur montluçonnais, 2 : Bordeaux-Lyon et Montluçon-Vierzon-Paris. Nous lui avons remis une fiche renseignant chacune de ces lignes avec nos propositions :

  • la remise en place d’un Allez-Retour le matin et un le soir avec du matériel RÉGIOLIS, matériel genre AGC sur BORDEAUX-LYON,

  • conserver le caractère national de la ligne le MONT-DORE-USSEL-MONTLUÇON-PARIS, en modernisant par électrification et mise à nouveau en double voie MONLUCON-VIERZON, par des travaux d'aiguillages permettant l’entrée en gare de SAINT-AMAND-MONTROND à 60 km/h, et à plus court terme d'y mettre en service le matériel bi-mode (diesel/électrique) REGIOLIS ou CORADIA-LINER.

Nous avons participé le 22 janvier à une réunion à ARCHIGNAT concernant la réouverture prochaine de la carrière. Nous avions antérieurement apporté notre expertise sur le transport par le rail des matériaux extraits. Mais la réunion avec les 2 associations créées par réaction à ce projet a exprimé rapidement un vote pour le rejet de l’exploitation de cette carrière, craignant plus d’inconvénients que d’avantages pour la population et mettant en doute le fait que la SNCF veuille remettre l’embranchement en service. Néanmoins nous restons en contact avec l’association du président Abel COURTY afin de suivre l’évolution de ce dossier.

Le 26 février nous avons organisé un point presse à la maison des cheminots avec La Montagne, RJFM, RMB et RegardActu.com, donnant suite à une déclaration de notre député certifiant un gain de 30 minutes par la mise en service de rames CORADIA-LINER fin 2015 sur le trajet Montluçon-Paris, et dans le même temps nous lui avons envoyé une lettre afin qu’il nous éclaire sur le sujet. Ceci étant dit, devant ces médias, le CODÉRAIL, avec notamment Daniel COFFIN, a développé tous les sujets nous préoccupant : loi Macron, les autobus, la gare, le TGV, etc... Vous pourrez voir le film de notre intervention sur le site internet « RegardActu.com ».

J’ai résumé un peu les différentes activités que le CODÉRAIL a menées durant cette année 2014. et comme vous pouvez le constater, malgré nos interventions à différents niveaux, les avancées sont assez lentes et surtout, quand on pense avoir fait un pas en avant, un problème supplémentaire survient, comme dernièrement où l’on nous a présenté des travaux de modernisation de la gare de Montluçon, alors que ce ne sont que des remplacements de traverses des 2 premières voies, et non pas des aménagements en faveur des personnes handicapées, ce qui a pour conséquence, si vous avez des difficultés pour vous déplacer (personnes à mobilité réduites), vous devrez prendre le train soit à Vallon pour aller vers Vierzon ou Paris, soit à COMMENTRY pour aller vers CLERMONT-FERRAND.

Passages piétons de la gare et souterrain non utilisables ? (problème résolu par la SNCF !!)

Durant l’année 2015 nous espérons faire avancer les dossiers des lignes TET qui sont indispensables à notre territoire aussi bien aux usagers qu'aux entreprises, notamment la réouverture de BORDEAUX-LYON avec du matériel roulant rajeuni. Ceci nous a été affirmé par M. Gilbert Pallier, vice-président du Conseil Régional du Limousin chargé des Transports lors d’un Comité de Pôle des transports de la Creuse le 24 février 2015. Nous veillerons aussi à l’amélioration de la gare de Montluçon, par exemple : un ascenseur sur chaque quai, ce qui serait pour le coup à minima une modernisation. Nous continuerons notre travail d’information auprès des usagers et ferons tout notre possible pour conserver la pérennité des lignes SNCF de notre région.

En conclusion, je dis ce n’est pas gagné surtout quand on lit la loi MACRON qui légifère sur beaucoup de sujets et veut faire passer le moyen de transport par bus comme une panacée alors que l’on sait que ce moyen de transport est plutôt complémentaire pour les courts trajets. Et ce n’est pas gagné encore quand on voit des portions de lignes supprimées faute d’un financement (très inférieur pourtant en rapport de la route). Quand nous regardons une carte du MASSIF CENTRAL où le climat est assez rude (neige, verglas) et le terrain montagneux, il est paradoxal de voir cette région subit de plein fouet les restrictions budgétaires avec des suppressions de lignes, de trains alors que dans ce pays, le bon sens voudrait que l’on maintienne le rail qui est un moyen de transport sûr, peu polluant et participant à l’aménagement du territoire. Le Massif Central ne veut sûrement pas devenir une région réservée aux touristes et aux retraités, ses habitants veulent vivre et travailler au pays avec un outil de transport moderne : le rail.

Je vous remercie de votre attention.

Daniel COFFIN remercie le président ne doutant pas que les éléments du rapport vont susciter de nombreux commentaires. Cette AG se déroule dans le contexte inédit de réforme ferroviaire, de commission DURON-TET « Avenir des Trains d'Équilibre du Territoire », de la loi MACRON, de réforme territoriale, de projets LGV. C'est aussi l'occasion d'évoquer des sujets plus locaux, tels les relations Bordeaux-Lyon, Montluçon Paris, les dessertes TER, la modernisation de la gare ou le fret notamment à la carrière d'Archignat.

Place au débat.

Interventions des participants.

Luc Bourduge : vice-président du Conseil régional d'Auvergne en charge des transports et membre de la Commission TET se dit très en colère envers la politique nationale des transports.

C'est à l'État de définir la politique des transports et à la SNCF la mettre en œuvre en tant que prestataire de service. Or, en réalité Guillaume Pépy est le super-ministre du transport ferroviaire. Les orientations ne sont pas en faveur du ferroviaire. Moins aidé que le fer allemand ou suédois, le financement public du fer français représente 32%. Bercy et la loi Macron ont décidé la politique des transports. La réforme ferroviaire qui ne règle en rien la dette du système évaluée à 40 Milliards d'€, entérine la réduction du système ferroviaire car tout doit passer par son auto-financement et un retour sur investissement rapide. Dans un tel concept, Montluçon-Ussel n'est pas possible, même Clermont-Paris pourrait être en danger.

L'ouverture à la concurrence relève du dogmatisme et ne prétend pas améliorer le système ferroviaire. Le privé ne se positionnera que sur les lignes ultra-rentables. Clermont-Paris, par exemple, ne les intéresse même pas. Le ministre des transports de Rhénanie (Allemagne) en témoigne et veut recadrer la concurrence entre la route et le rail, une partie de la population se retrouvant sans solution de transport, ce qui prouve le non-sens du passage au privé.

Malgré les dernières annonces, le matériel nouveau n'est finalement pas prévu pour Montluçon-Paris. La version retenue est sans matériel neuf sur Montluçon-Vierzon. Montluçon-Paris perdrait son statut de ligne nationale et la gare ne serait pas éligible aux aides financières nationales.

Sur les 35 lignes TET, la SNCF souhaite en conserver 12. En Auvergne, Clermont-Paris et peut être Lyon-Bordeaux.

Luc Bourduge pense qu'il n'y aura jamais de TGV à Montluçon et que l'électrification de Montluçon à Bourges ne se fera pas.

La création du PEI de Montluçon n'a jamais fait l'objet d'une inscription dans aucun contrat de territoire.

Jean Jacques Kégelart (ville de Montluçon) : indique que concernant la gare de Montluçon, les PEI n'étaient pas pris en compte dans le CPER, c'était le cas pour l'intervention de l'État. Mais depuis la région a inscrit le PEI d'Aurillac avec des crédits et l'agglomération de Montluçon a demandé les modalités de l'inscription de son PEI. D'autre part, l'agglomération de Montluçon s'est engagée dans le programme de développement urbain intégré, programme européen dédié aux zones urbaines et dont bénéficieront les 6 agglomérations d'Auvergne. A ce titre, le programme pour Montluçon est doté d'une enveloppe de 3,15 millions d'euros répartis en 38% pour le PEI, et 62% pour l'aménagement urbain. La problématique de la gare et de la mobilité pourra commencer à être ainsi traitée sur la période 2015-2020.

Il souhaiterait connaître l'affectation des 32 % de financement public ;

L'information sur la non mise en place du nouveau matériel bi-mode est un vrai coup dur pour notre bassin. Cependant l'électrification de Montluçon-Bourges devrait avoir lieu, des crédits ont été inscrits dans le CPER AUVERGNE entre autres, semble t il ?

Il considère désolant de voir le volet ferroviaire en déclin.

Sur les enveloppes du CPER, on ne peut que déplorer la faiblesse de celles-ci, ne serait ce qu'au regard du précédent exercice, pour le ferroviaire seul, les montants étaient de plus de près de 500 millions d'euros avec le plan rail tous partenaires confondus. Aujourd'hui le montant n'est que de 120 millions d'euros !

Quant à la LGV POCL, l'inscription de cette ligne reposait dès l'origine sur deux fondamentaux indissociables : la saturation de la LGV Paris-Lyon existante et l'aménagement des territoires exclus de la grande vitesse ferroviaire. Le scénario médian ne répond pas à la seconde condition. S'agissant des financements, le choix du médian soulèvera un problème quant aux participations tout à fait aléatoires des territoires les moins desservis comme l'ensemble de la région Centre, ceux du Limousin ; quant au financement de l'Europe sur des dossiers tels que le POCL, l'engagement est de l'ordre de 4 à 7% et n'a rien à voir avec celui du Lyon-Turin ou l'Union finance (Traité international) à hauteur de 40% le projet mais pour la seule relation Chambéry-Turin dont le coût s'élève à 14 milliards d'euros et non la partie Lyon-Chambéry (coût : 6 milliards d'euros) non financés à ce jour... le scénario ouest aurait été préférable au scénario médian. Le débat n'est pas que politique.

Malgré des désaccords sur quelques points, il partage l'inquiétude de Luc Bourduge et affirme la détermination de la Ville à défendre le rail.

Suite à l'entrevue avec le CODÉRAIL, la mairie de Montluçon est intervenue auprès de la Ministre de l'Écologie et du Développement Durable.

Nicolas Brien dit qu'il faut savoir d'où l'on vient et savoir où on va, la question étant de comment faire, comment progresser ?

Les Coradia-Liner sur Montluçon-Paris seront plus accessibles et plus performants. Ils devraient nous faire gagner du temps de trajet.

Dans la région centre, un programme de rénovation des voies entre Vierzon et Montluçon a été voté.

Devant nous, le TGV n'est pas la priorité. Après la catastrophe de Brétigny, il est nécessaire de privilégier la sécurité et d'intervenir sur le réseau existant. Il faut les scénarios les plus adaptés aux besoins des populations.

Pour les déplacements des personnes à mobilité réduite, la loi handicap a été votée depuis 10 ans et la gare de Montluçon n'est toujours pas adaptée à recevoir ces personnes.

Daniel Coffin

Le dossier LGV POCL n'est toujours pas la priorité du CODÉRAIL, mais le tracé retenu s'avère d'une importance capitale pour Montluçon. Dans toutes les hypothèses proposées, la desserte de l'Allier et de l'Auvergne se fera en antenne, par Bourges-Nevers pour Montluçon et par Moulins-Vichy pour Clermont, s'il se réalise vers 2035-2040.

La déclaration d'utilité publique (DUP) du barreau Limoges-Poitiers vient d'être signée. Si les opposants à sa réalisation (associations environnementales, collectivités creusoises) n'obtiennent pas gain de cause, le barreau Limoges-Poitiers verra le jour vers 2020.

Ce nouvel itinéraire Brive-Limoges-Poitiers-Paris va dessécher la ligne Paris-Orléans-Limoges-Brive (POLT) qui va perdre de sa consistance et sans doute sa relation directe. De ce fait, Montluçon ne retrouverait plus à Vierzon toutes les dessertes vers Paris et devrait attendre la réalisation du POCL en 2035, si ça se fait ! D'où l'utilité de poser des recours en annulation de cette DUP auprès du Conseil d'État. Le CODÉRAIL avec de faibles moyens financiers ne peut engager une telle procédure. Alors, il fait appel aux collectivités du bassin pour le faire, d'autant qu'elles sont directement concernées par ce danger.

Jean Louis Camus

Les recours des collectivités creusoises sont prévus d'être adressés la semaine prochaine. La FNAUT a déjà déposé le sien. La LGV Limoges-Poitiers ne donnera pas beaucoup de gain de temps par rapport au POLT classique.

L'argent serait mieux utilisé sur l'entretien des lignes existantes. Le financement du service ferroviaire français est déplorable. L’écotaxe ayant été supprimée, où trouver l'argent ? Il faut privilégier les lignes existantes. On peut le demander au travers des CPER.

Luc Bourduge

Le gouvernement a prétendu que les moyens financiers à court terme seront en priorité affectés à la rénovation du réseau existant.

Abel Courty

Président de l'ADIR (Association pour la Défense des Intérêts des Riverains), il intervient sur le projet de réouverture de la carrière d'Archignat. Ce projet a été déposé en novembre 2014 par le carrier. L'ADIR milite pour le transport ferroviaire des granulats. Début 2016, 100 000 t/mois, soit 60 camions par jour traverseront Huriel avec l'Ile de France et le Languedoc pour destinations.

Cette carrière a été fermée en 1989 et l'embranchement fer déposé.

Didier Descloux

Se demande quels trains vont circuler sur Montluçon-Paris en 2016 ?

L'avenir du chemin de fer, c'est aussi de transporter du fret sur les lignes existantes.

On parle de développement des territoires, mais la réforme des régions ne va-t-elle pas nous pénaliser avec de plus l'instauration des grandes métropoles ?

On a modernisé la RCEA, on a construit l' A71 mais rien n'a été fait pour améliorer le rail .

Si l'exploitation est déficiente, c'est à cause du manque de moyens.

Joël Lefebre

L'avenir devrait être le fret ferroviaire, face au développement anarchique des transports routiers. Il y a trop de poids lourds sur nos routes.

La proposition de remplacer les trains par des bus est non-écologique.

L'austérité imposée par l'Europe entraîne la concurrence entre les territoires.

Il est contre la réduction des dépenses publiques préconisée par l'Europe.

Il faut une meilleure répartition de la richesse nationale et utiliser l'argent des banques.

En tant qu'élu à l'agglomération montluçonnaise, il n'y a jamais entendu parler des sujets ferroviaires.

Il faut que la gare de Montluçon devienne un pôle multi-modal.

Christian Penain
s'étonne de l'initiative de la SNCF pour le covoiturage qui entre en concurrence directe avec ses relations ferroviaires.

Daniel Coffin
donne l’exemple du déficit de la filiale IDbus de la SNCF, qui s'élève à 25M€ en 2013. Ce bilan n'incite même pas au renoncement. Au contraire IDbus propose des voyages Paris-Lyon le mercredi à 9€, ou Paris-Lyon-Barcelone à 27€. Comprenne qui pourra !

Michel Dubreuil

Il ne faut pas s'étonner du mécontentement des usagers à cause du mauvais fonctionnement.

La SNCF communique avec des raisons fausses sur les défaillances du service. On invoque des travaux sur Montluçon-Vierzon-Paris alors que les trains sont supprimés par manque de matériel.

Les travaux vers Commentry ont été faits par une entreprise privée. Tout n'a pas été réalisé correctement. Conséquence : des limitations de vitesse sont maintenues. Quels avantages à sous-traiter ? Les travaux effectués par les cheminots sont mieux réalisés, c'est leur métier !

Pascal Macchi

Indique que les jeunes préfèrent la route au train et utilisent beaucoup le covoiturage.

Il regrette que la gare de Montluçon ne soit pas équipée pour les handicapés.

Il souhaiterait être informé assez tôt des réunions des Comités de Lignes.

Patrick Fragnon

En tant que salarié d'une entreprise dont le travail nécessite des voyages, il témoigne que la fiabilité des trains est problématique pour respecter les rendez-vous professionnels.

Industriellement, l'attractivité du bassin montluçonnais est handicapée par sa mauvaise desserte.

Il serait souhaitable que la correspondance pour Paris s'effectue sur le même quai à Vierzon.

Les usagers de base du train sont loin des projets LGV.

Des trajets Paris-Montluçon se font aussi en car !

Pour aller à Lyon, le bus n'est pas attractif pour rejoindre Vichy ou St Germain des Fossés.

A Montluçon, le kiosque presse de la gare n'est plus autant ouvert qu'avant.

Peut-on poser des questions préalables aux Comités de Lignes avant leur tenue pour que la SNCF prépare ses réponses ?

Luc Bourduge

Les entreprises utilisent beaucoup les transports en commun, et à cause du manque de trains, se rabattent sur des palliatifs (locations d'autos, de monospaces). Les transports fiables favorisent le développement économique.

Il regrette le double langage de certains élus de la région.

Il précise qu'il n'y aura pas de matériel neuf sur Montluçon-Bourges-Paris, mais sur Paris Vierzon.

Sur Lyon-Bordeaux, des propositions de suppression de certains arrêts seront faites, en conservant le dernier matériel utilisé, les "72500".

L'Auvergne pèse environ 20 % dans la nouvelle région Rhônes-Alpes-Auvergne pour le rail.

En transférant les infrastructures aux régions sans transférer aussi les moyens de leur entretien, le risque est grand de ne pouvoir améliorer la situation.

Il informe que le prochain Comité de Ligne se tiendra le 11 mai 2015 salle C26 aux Ilets.

Jean Jacques KégelarT

Dans le cadre de la fusion Auvergne-Rhône-Alpes, comment s'organiseront les travaux de perspectives ferroviaires dans le futur ? Les conventions TER Auvergne et Rhônes-Alpes sont différentes.

Régis ANDRÉ
rappelle, concernant le TGV, la proposition du CODÉRAIL faite dans les années 80/90 d'une relation partant de Paris et desservant le centre de la France par Montluçon puis Béziers et l'Espagne.

Patrice Pajot

Souhaite intervenir sur le rôle et l'action du CODÉRAIL. Il y a urgence à mobiliser bien au-delà de la population cheminote. La situation mérite que tous les acteurs, politiques, syndicaux, les élus, la population, en se rassemblant, imposent leurs solutions, sur le matériel comme sur les dessertes.

Le matériel est à bout de souffle. Il faut maintenir les Services Publics.

Jean Louis Camus

Le matériel bi-mode peut se séparer en 2 à Vierzon en venant de Paris, un vers Bourges et l'autre vers Montluçon.

Pascal Macchi

Le TGV, c'est cher, les voyageurs préfèrent les lignes classiques d'autant qu'elles desservent plus de localités. Il regrette que les correspondances ne soient pas toujours assurées. Par exemple la relation TGV Brive-Lille est inaccessible de Montluçon puisqu'on arrive à Vierzon 15 minutes trop tard.

Jean-Louis DAFFY

présente le Bilan financier :

Le solde précédent au 1-1-2014 était de : 837,75 €

Les recettes (adhésions et subventions) s'élèvent à 515,00 €

Les dépenses (secrétariat et déplacements) se montent à 771,51 €

Solde en fin d'exercice 2014 est de : 581,24 €

René LANDON

précise que les comptes ont été approuvés le 17 février 2015 par la Commission de Contrôle.

Jean-Louis DAFFY

En tant que trésorier, il tient à remercier plus particulièrement les collectivités qui nous aident, certaines depuis longtemps, DESERTINES et LIGNEROLLES, d'autres plus récemment comme QUINSSAINES.

Il fait appel aux autres collectivités présentes tout en n'ignorant pas les difficultés qu'elles rencontrent face aux baisses de dotation de l' ÉTAT.

Renouvellement du bureau

Aucun nouveau candidat ne se présentant, le bureau actuel composé de 12 membres, minimum imposé par les statuts, est reconduit à l'identique.

Avant de clore la séance et d'inviter l'assemblée à partager le verre de l'amitié, Daniel COFFIN souligne que cette assemblée générale 2015 revêt une importance toute particulière, bien qu'elle n'ait été le résultat d'aucun calcul mais le fruit d'une agréable coïncidence.

Le CODÉRAIL est né en 1988, sous l'impulsion de cheminots, d'usagers et d'élus convaincus de la nécessité d'entrer en résistance face au déclin de l'activité ferroviaire. Ce déclin avait déjà pris forme dans les années 70 et les politiques des transports mises en œuvre ne laissaient augurer, hélas, que peu d'espoir quant au maintien et au développement d'un mode de transport qui avait pourtant à son avènement véritablement révolutionné le paysage économique du pays.

Le CODÉRAIL s'est au fil des ans acquitté de sa tâche originelle avec des fortunes diverses, mais continue contre vents et marées, sa mission de défense et de développement du rail comme l'indique sa carte d'identité. Malgré un bilan plutôt morose, émaillé de quelques revers, nous restons persuadés de n'avoir pas perdu la guerre et même de pouvoir la gagner pour peu que la population, les collectivités, les usagers et les cheminots répondent présents à nos sollicitations. Alors, il en a fallu et il en faudra encore beaucoup, de la persévérance, de l'abnégation pour rester toujours attelé à une tâche que beaucoup jugent insurmontable.

Cette abnégation, cette résistance trouve ici, ce matin, devant vous son illustration chez quelqu'un qui j'espère, ne m'en voudra d'associer l'assemblée d'aujourd'hui à un moment d'intimité du CODÉRAIL. Bien que les statuts n'en prévoient pas l'obligation, nous ne pouvions pas clore cette assemblée, ce 7 mars, sans souhaiter au président fondateur du CODÉRAIL, notre président d'honneur, notre camarade, notre ami Régis ANDRÉ, un bon anniversaire pour ses 80 printemps.

Bon anniversaire Régis !

La séance est close à 12h15.

Tag(s) : #Montluçon

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