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C'est chose dite : à regard-Actu, nous n'avons pas peur des débats et des polémique (dans le bon sens du terme). Le personnage de Chouard s'y prête d'ailleurs merveilleusement. Les relations interlopes que celui-ci entretient avec l'extrême droite font beaucoup jaser dans les milieux libertaires.

Il faut dire que le personnage est carrément ambivalent. D'un côté, il défend les principes d'une démocratie directe, mais de l'autre il s'affiche avec les fascistes et les réactionnaires les plus notoires, tel que Soral, détracteurs de la démocratie même représentative. Il n'en fallait pas plus pour faire réagir Alain, qui comme chacun sait a la particularité de partir au quart de tour. Et comme il est dans les startings blocks, je lui cède la parole pour un texte qu'il a longuement mûri et que vous pouvez aussi retrouver sur son site que vous pouvez visiter (ICI)

Soral, Asselineau, Chouard, la confusion ?

Soral, Asselineau, Chouard, la confusion ?

Chouard, parti des votes blancs, gentils virus, grenouilles et colibris en tout genre

J’ai souvent évoqué sur ce blog, sur le mien ou sur les réseaux sociaux, la façon dont les idées d’extrême-droite se propage jusqu’aux gens de gauche.

J’ai bien entendu été traité de différents noms d’oiseaux et même d’essentialiste. Si, si, je vous assure. OK ! Il m’arrive de ne pas faire dans la dentelle mais je fais toujours attention aux termes employés. Ainsi, je fais la différence entre « être » ou « propager » des idées d’extrême-droite même si, au final, ce n’est plus tellement différent.

Je sais aussi que je vais, encore, en choquer certain-e-s, mais tant pis, j’adore ça !

J’avais proposé à mon rédacteur en chef préféré de faire un article sur le sujet et il m’a répondu : fais-le toi-même !

Oh ! Fifi ! Je ne suis pas un journaleux, moi mais plutôt un blogueur fou…. Bon, allez ! Je me jette !

Mon blog, montlucon.antifa-net.fr, est hébergé depuis un an environ sur la plateforme Antifa ainsi que de nombreux autres sites aussi sympas les uns que les autres.

On se fait souvent traité de collabo du système, de fasciste, de police politique de la bien-pensance et autres poncifs se voulant insultants, termes issus de et utilisés par l’extrême-droite. Nos détracteurs sont imaginatifs quant au langage édulcoré employé à notre encontre, je vous ferai grâce de la liste non exhaustive des termes employés.

Alors pourquoi continuer à dénoncer ces parasites ? Parce que la propagation des idées de merde m’inquiète au plus haut point. Pas vous ?

Mon article est largement inspiré de 2 articles, l’un provenant de « Bordeaux Bordel », l’autre de « Billets du Temps perdu » ainsi que des extraits piqués par ci, par là. Par moment j’arrange et par moment je cite des morceaux en entier car il n’y a pas grand-chose à ajouter ou à retirer. Les auteurs ne m’en voudront pas, j’espère.

Militantisme et engagement politique.

La pire chose qui soit arrivée au militantisme ces dernières années est l’engagement apolitique, hérité des Indignés qui a fait régressé un anticapitalisme originellement basé sur la lutte des classes. Histoire de s’en tirer le mieux possible malgré le capitalisme.

Qu’elle soit écolo, monétaire ou souverainiste, chaque « tendance » présente son projet comme LA solution miracle qui, si elle se mettait en place, règlerait tout le reste comme par enchantement. Mais on ne sait toujours pas comment !

La faute en revient, en partie, aux organisations politiques et syndicales qui se sont « coupées » des travailleurs, chômeurs, retraités et étudiants, en abandonnant toute notion de « lutte de classe » dans leurs pratiques. Abandon accentué par les nouvelles formes du salariat, de plus en plus précaire et dans lequel le travailleur est amené à beaucoup bouger (intérims, CDD, mutations…), réduisant à néant la solidarité à long terme sur le lieu de travail. Des groupes se constituent donc d’eux-mêmes en-dehors de ce cadre.

Mais cet engagement, tout aussi sincère qu’il soit, reste de fait en-dehors du terrain de la lutte pour se retrancher sur internet et dans des réunions de discussions dont le seul but est… la discussion (ils signent aussi des pétitions et envoient des courriers colériques au président de la République qui lui font généralement très peur…. Bouhouhou). Et parce qu’il n’y a plus aucune référence au militantisme « traditionnel » et une méconnaissance flagrante de l’histoire des luttes. Ces mouvements perdent un temps considérable à réinventer des concepts vieux comme avant La Commune de Paris pour au final passer complètement à côté.

Faire de la politique sans positionnement politique. C’est là qu’arrive Etienne !

La deuxième chose qui soit arrivée au militantisme ces dernières années s’appelle Etienne Chouard. Professeur de sciences éco.

Chouard a été « révélé » par Attac (qu’on ne remercie pas au passage) en 2005, et par une critique détaillée du fameux traité de Rome, projet de Constitution européenne qui fut soumis à référendum, en France, et massivement rejeté.

Par la suite, on entend moins parler de l’homme et de ses idées. Mais ces derniers temps, ses écrits et interventions médiatiques ont suscité un certain intérêt, notamment dans la jeunesse. Sur les facs, par exemple, on rencontre régulièrement des étudiants séduits par ses analyses et propositions. C’est particulièrement le cas de la « solution » d’Etienne Chouard à la crise de la démocratie bourgeoise : le tirage au sort des représentants, plutôt que leur élection.

Le problème est que Chouard affirme que le tirage au sort, qu’il présente à tort comme la seule incarnation possible de la démocratie, réglerait tous les problèmes liés au capitalisme. Et il évacue donc, sans que cela ne semble choquer ses adeptes, toute la dimension politique et sociale, d’un revers de la main.

Le caractère parasitaire et réactionnaire d’une grande partie des élus et des politiciens est indiscutable.

Les scandales à répétition et la soumission de l’appareil d’Etat au grand patronat parlent d’eux-mêmes.

Cependant, est-il vrai que le tirage au sort règlerait ce problème ?

Pour ses partisans, il permettrait de court-circuiter les carriéristes élus et de faire prévaloir une sorte d’intérêt général étranger aux luttes de parti ou de classes : « Le tirage au sort repose sur la reconnaissance d’une absolue égalité entre tous les citoyens », explique Judith Bernard, qui défend cette idée. Etienne Chouard prétend s’appuyer sur l’exemple de l’Athènes antique et affirme que pendant les « 200 ans de tirage au sort, les pauvres ont toujours gouverné ». L’élection, à l’inverse, favoriserait les riches.

Cette vision de la démocratie athénienne est complètement erronée, sur le plan purement factuel comme sur le plan politique.

A Athènes, toutes les magistratures n’étaient pas le fruit du tirage au sort.

Les dirigeants plus importants – stratèges, détenteurs du pouvoir exécutif – étaient élus et rééligibles.

En outre, il faut rappeler que seul un très petit nombre d’Athéniens étaient des « citoyens » électeurs : environ 10 % de la population.

Les femmes, les étrangers et la masse des esclaves qui, par leur travail, assurait l’existence de la cité, n’avaient aucun droit politique. Athènes était avant tout une démocratie de propriétaires d’esclaves, les citoyens pauvres n’ayant ni le temps, ni l’érudition nécessaire pour participer aux assemblées et à l’exercice du pouvoir politique.

Les partisans du tirage au sort ne tiennent pas compte d’un fait historique majeur : depuis l’apparition de la propriété privée des moyens de production, les sociétés humaines sont divisées en classes sociales aux intérêts opposés – exploiteurs et exploités, maîtres et esclaves, seigneurs et serfs, capitalistes et salariés.

Et lorsqu’il aborde le domaine économique – matière qu’il enseigne ! – il s’en tient à un retour miraculeux au franc comme remède miracle ; pas un mot sur le salariat, le chômage, la production, la consommation, etc.

Sur le site d'Etienne Chouard, ce monsieur nous explique que le sexisme, le racisme, l’homophobie, ce n’est pas très grave au final.

Qu’il se contente d’ignorer la majorité des luttes passe encore… Le gros problème avec ce monsieur, c’est qu’il bouffe à tous les râteliers du moment qu’il peut parler de son concept hasardeux.

Il a d’ailleurs beau se défendre de rechercher la notoriété en matraquant des « c’est à vous de faire les choses, pas à moi », on se demande alors bien pourquoi il est chaque semaine quelque part en France seul à parler lors de ses conférences, et pourquoi il abreuve internet de centaines (milliers ?) de ses vidéos…

Que ce soit pour une conférence avec la soralienne Marion Sigaut, une discussion avec le survivaliste Piero San Giorgio ou des rencontres-débats aux universités d’été de l’UPR d’Asselineau avec Robert Ménard et Alain Benajam, Chouard répond toujours présent. Parce que Chouard « parle avec tout le monde ».

Mieux encore, Chouard arrive à dire que des gens et idées d’extrême-droite sont intéressants.

Non, je ne pense pas que Chouard soit d’extrême-droite. Simplement il est… simplet et opportuniste. En ne trouvant rien à redire et en légitimant la présence d’individus (et donc d’idées) d’extrême-droite dans ses assemblées constituantes, Chouard a ouvert grand la porte et les bras aux fascistes qui n’ont même plus besoin de se cacher pour infiltrer ces mouvements s’affirmant citoyennistes.

Chouard et le fascisme

Etienne Chouard ne se contente pas de défendre l’idée fumeuse du tirage au sort. Il se montre aussi particulièrement confus sur la question du fascisme.

Pour lui, « fasciste » est synonyme de « possédant ». Sous le concept « fasciste », il range pêle-mêle l’Union Européenne, Nicolas Sarkozy et François Hollande. On peut difficilement imaginer plus grande confusion.

Or, la jeunesse et le mouvement ouvrier ont besoin d’analyses et d’un programme clair.

La démocratie bourgeoise n’est pas une vraie démocratie : c’est entendu. Mais elle n’est pas pour autant assimilable au fascisme. Celui-ci est une idéologie et un système politique bien définis, avec ses particularités. Il s’agit d’un mouvement de masse s’appuyant sur la petite bourgeoisie dans le but de détruire tous les droits démocratiques et toutes les organisations de la classe ouvrière.

La classe ouvrière doit évidemment le combattre sans répit ; mais cela suppose qu’elle sache le reconnaître.

En taxant de « fasciste » toutes les formes du pouvoir bourgeois, Chouard rend en fait invisible le fascisme réel. Cette confusion devient évidente dans le jugement qu’il porte sur un authentique fasciste, Alain Soral, que Chouard décrit comme un « résistant » à l’ordre établi. Accusé à cette occasion de complaisance à l’égard du fascisme, Chouard a répondu par la déclaration suivante : « La haine de la haine (c.-à-d. les idées de Soral), c’est encore de la haine ». C’est là se montrer incapable de distinguer entre le fasciste et sa victime, entre la violence de l’esclave révolté de celle de l’esclavagiste.

Loin d’être des « résistants » aux idées « intéressantes », Soral et ses partisans sont d’authentiques fascistes. Ils se revendiquent d’ailleurs comme tels : Soral se définit désormais comme un « national-socialiste » et en défend toutes les idées, à commencer par un nationalisme exacerbé. Alain Soral et son organisation sont en effet partisans d’une « réconciliation nationale », par-dessus les différences de classes. Se revendiquant à la fois de la « droite des valeurs » et de la « gauche du travail », Soral se place dans la filiation directe de Mussolini, qui prétendait lui aussi défendre à la fois les travailleurs et leurs exploiteurs.

Parmi les prétendus « ennemis de la nation » que Soral attaque régulièrement, il y a les immigrés, sommés de « s’assimiler ». Malgré le flou que ses défenseurs aiment laisser planer sur la question du racisme, Egalité et Réconciliation a des positions racistes : elle défend les Français « de souche » contre une supposée « invasion » et fait l’apologie de la colonisation française, qui aurait « apporté la civilisation » en Algérie.

L’ennemi principal de Soral serait le « sionisme ». Mais il n’entend pas par-là l’impérialisme israélien (que les marxistes condamnent et combattent), mais un soi-disant plan secret visant à donner aux juifs le contrôle du monde. Etre juif ne signifierait pas être membre d’une confession parmi d’autres, mais appartenir à une société secrète infiltrée qui dominerait en fait la France, via les grandes entreprises mondialisées et les médias.

Là encore, rien de très neuf : Hitler ne disait pas autre chose. C’est ce que le révolutionnaire August Bebel appelait en son temps le « socialisme des imbéciles », une façon de se donner une étiquette « anticapitaliste » sans menacer le moins du monde la dictature de la bourgeoisie, puisque la majorité des patrons et le système n’en ont rien à craindre !

Tous ces prétendus ennemis du système (qu’ils se disent « dissidents » ou « résistants ») font recette car la société capitaliste étale sa décrépitude à la face du monde : les scandales succèdent aux scandales, la misère se répand, les guerres tuent des pauvres dans les pays livrés aux agressions impérialistes.

Le mouvement ouvrier devrait utiliser cette situation pour expliquer l’impasse du capitalisme et proposer une solution socialiste.

Malheureusement, les dirigeants des organisations de masse de la classe ouvrière se solidarisent avec la République agonisante et, ce faisant, ouvrent un espace à la confusion d’un Chouard ou à la démagogie pseudo-contestataire des fascistes du genre de Soral.

Pour vaincre la confusion de Chouard et le fascisme de Soral, il ne suffit pas de les dénoncer, il faut attaquer le capitalisme, qui les nourrit comme la pourriture nourrit les mauvaises herbes.

Laisser entrer l’extrême-droite, et il est déjà trop tard.

Outre le fait que l’on ne peut pas faire tomber ou lutter contre le capitalisme avec le revenu universel, le retour au franc ou la pratique de la permaculture, le gros problème de ce non-positionnement politique est donc qu’il laisse le champ libre à quiconque pour venir poser qui ses bonnes idées, qui ses grosses bouses. Et il faut bien admettre qu’au jeu de l’infiltration et du noyautage, les poseurs de bouses fascistes sont bien plus forts que « nous ».

J’accordais jusqu’ici le bénéfice du doute à tous ces « mouvements », tablant sur une certaine naïveté politique des « militants » qui s’y impliquent. Je m’aperçois qu’il n’en est plus rien aujourd’hui, ceux-ci reprenant à leur compte des concepts, des discours, des façons de s’exprimer venant des milieux conspirationnistes et de l’extrême-droite, et se réjouissant de voir leurs « actions » relayées par les médias de ces mêmes milieux, quand ils ne les diffusent pas tout simplement de leur côté.

citation

« Comme par exemple avec le mouvement récemment créé de la Révolution des Grenouilles qui regroupe des membres des Gentils Virus (fan-club de Chouard), de Démocratie Réelle et des Colibris (fan-club de Pierre Rabhi). J’ai découvert ces grenouilles via une conférence organisée par elles autour… d’Etienne Chouard bien sûr ! Et du coup, taquin, j’ai un peu échangé sur les réseaux sociaux avec quelques-uns de ces amphibiens citoyens, voir s’ils parlaient eux aussi avec tout le monde. Que n’avais-je pas fait ! Une pluie de grenouilles énervées m’est tombée sur le râble pour avoir osé critiquer maître Chouard et sa solution miraculeuse. Et je me suis vite rendu compte que ces aficionados de la démocratie « Française Des Jeux » avaient les mêmes travers que leur inspirateur. »

(ça m’est arrivé aussi !)

Leur conférence du 21 août a donc été relayée en masse par l’extrême-droite, le site Infos Bordeaux en tête (qui eut du coup droit à plusieurs « j’aime » de Grenouilles lorsqu’il a partagé son article à ce sujet sur Facebook), par l’Action Française Etudiante de Bordeaux et par des membres d’Egalité & Réconciliation Aquitaine.

« Ils sont libres de relayer ce qu’ils veulent » m’a-t-on rétorqué.

Mais nos grenouilles savent-elles que des membres des mouvements précédemment cités ont participé aux ateliers qui ont suivi la conférence ?

SI oui, n’y voient-elles aucun problème ?

Et lorsque je notai que si Chouard était à ce point relayé par ce genre d’organisations, il fallait peut-être se poser quelques questions, non ?

Et bien apparemment, non. Et que par la suite l’enregistrement vidéo de cette conférence ait été relayé par des sites comme Agoravox ou carrément Croah, n’a pas plus troublé l’esprit démocratique de nos citoyens aux pattes palmées…

Donc, plutôt que de focaliser, comme nous le faisons tous – et avec raison ! – , sur les liens plus ou moins avoués de ces mouvements avec l’extrême-droite, penchons-nous plutôt sur les idées qu’ils défendent afin de bien voir qu’ils n’ont absolument rien de révolutionnaire et s’inscrivent au contraire, même s’ils prennent des chemins de traverse, dans le même réformisme mou et libéral que les partis politiques traditionnels en place.

Pour les argumentaires, je vous invite à aller voir sur le site de Bordeaux Bordel, tenu par un seul gars comme le mien

Je reviendrai surement un de ces jours sur les Gentils Virus, colibris, grenouilles… et tous les petits animaux perdus de « l’engagement citoyenniste ».

Tag(s) : #Billet d'humeur

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