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Entretien avec jean-Claude Michéa

Jean-Claude Michéa* appartient à ce qu'il est convenu d'appeler "La dynastie des rouges". Parents communistes, grands-parents communistes, il a grandi et baigné dans le milieu de la classe ouvrière. C'est un beau début pour un philosophe, de sorte qu'il explique d'emblée qu'il est révolutionnaire (si ce mot a encore un sens, précise-t-il) par tradition et non par révolte œdipienne contre le père.

Pour lui, enseigner la philosophie a un sens si on enseigne à des gens qui ne se destinent pas à devenir philosophes eux-mêmes. C'est-à-dire à des gens qui seront plus tard boulangers, ouvriers, ingénieurs, médecins etc.. De sorte que cet enseignement devienne par la suite une boussole dans la vie.

Le philosophe s'interroge surtout sur les conséquences du libéralisme culturel qui s'appuyant sur le principe que "la liberté individuelle n'a d'autres limites que les libertés d'autrui", conduit presque toujours à l'éclatement des valeurs communes, de sorte que le dénominateur commun qui relie les individus entre eux est leur statut de consommateurs. La société devient alors une société de consommateurs qui ne dispose d'aucune valeurs partagées.

Les valeurs de décence ordinaire :

"Les comportements altruistes sont beaucoup plus développés dans les quartiers populaires que dans les quartiers résidentiels". C'est ce que note le philosophe. Ce n'est pas une affirmation, c'est un constat qui repose sur de nombreuses études. Cela est dû au fait "qu'il reste dans les quartiers populaires des structures de vie commune fondées sur l'anthropologie du don". Rien de cela dans les quartiers résidentiels. Et cela s'explique par le fait que le pouvoir et la richesse a pour effet d'éloigner les personnes aisées et riches des autres. Et Jean-Claude Michéa a cette phrase superbe "Dès que l'on monte dans la société, l'oxygène moral se raréfie" (16'20" sur la vidéo).

Cet entretien n'aurait pas complétement atteint son but s'il ne s'était pas terminé par une critique sévère de la croissance comme moteur du capitalisme, ce que fait Jean-Claude Michéa avec brio.

En conclusion, c'est une vidéo très bien faite et qui ne dure qu'une petite vingtaine de minutes. Elle nous aide à mieux appréhender le libéralisme, et pas seulement d'un point de vue strictement économique. Bref, j'ai bien aimé.

*Je tiens à remercier Laurent Sinturel pour m'avoir suggéré cette vidéo

Tag(s) : #Vidéos

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