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L'ampleur du tsunami

Pendant qu'on met le président qui rétrécit à la télé, une réflexion parcourt de larges secteurs de la société. Les gens voient des choses. Ils voient de petits groupes, non pas de paysans, mais de patrons subventionnés FNSEA, se livrer sous l’œil bienveillant des préfets à des dégradations massives et à des atteintes à la sécurité des gens, à grande échelle. Et ils voient des armadas de ninjas lâchées sur des petits jeunes, groupe d'ados et d'écolos dans toute la France protestant contre ce qui s'est confirmé être un assassinat, dans le Tarn. Tout le monde voit ça, tout le monde y réfléchit. On apprend que le Medef pas assez gavé appellerait à manifester pendant que le premier ministre rend hommage à la contre-réforme Fillon sur les retraites, qu'il a en effet maintenue et contribué à aggraver depuis qu'il est au pouvoir.

Pendant que ce triste spectacle occupe le devant de la scène, nous sommes quelques uns à savoir. Quelques uns : les militants syndicaux dans le camboui, oui, nous savons que jamais nous n'avons été aussi occupés. Conflits locaux, microconflits, affaires de dignité, de harcèlement, conflits médicalisés ou judiciarisés, exigence de justice, combats allant rarement jusqu'à la grève mais la portant dans leurs flancs (la vraie grève, celle des gens, celle qui part d'en bas), partout, dans mille et un coins. Parfois ça commence à se fixer. Voici quelques jours, réunion des Accompagnatrices d'élèves en situation de handicap, les femmes les plus mal payées et les plus précarisées de la maison Educ'Nat' : le souffle de la révolte se fait sentir, il suffit pour cela de leur laisser la parole, se parler, dire, et construire leur propre mouvement.

A ceux qui pensent que c'est fini la lutte, à ceux qui désespèrent et pensent qu' "il n'y a plus de mouvement social" parce que les grandes journées d'actions zunitaires (plus ou moins zunitaires, d'ailleurs) ne marchent plus, dites vous bien une chose : nous sommes quelques uns à savoir ce qui se trame. Nous ne le savons pas exactement, nous ne ferons pas de prédiction sur quand et comment la marmite va déborder. Mais nous pouvons le dire, à ce gouvernement qui a commencé, dans son inconscience délétère de camarilla inculte et incompétente, à tuer, et à ce patronat qui s'imagine que le culot paie toujours et toujours plus : vous ne mesurez ni l'ampleur ni la force du contre-choc, du tsunami qui vous menace, tous.

Vincent Présumey

Tag(s) : #Billet d'humeur

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